Centre Palestinien
d'Information
Rapport
Les opérations de
qualité de la résistance mettent l'armée d'occupation dans une
mauvaise posture
Photo CPI
22 avril 2008
Al-Quds – CPI
Les brigades
d'Al-Qassam ont effectué, mercredi dernier, le 16 avril, une
opération héroïque et de qualité, c’est le moins qu’on puisse
dire. Trois soldats d'élites de l'armée d'occupation israélienne
y ont trouvé la mort.
Cette opération a fait couler beaucoup
d'encre. En effet, elle est porteuse d'innombrables indications.
La branche militaire du Hamas se montre aussi développée que
l'armée israélienne moins efficace. De plus, elle vient quelques
jours seulement après la réussite de la résistance à s’infiltrer
dans la position militaire de Nahel Oz. Une position tant
fortifiée.
Quant aux pertes, cette opération a augmenté
le nombre de morts israéliens à huit soldats, pendant les trois
mois et demi de cette année 2008, ressent le journal hébreu
Maariv.
Montée en puissance
Si le cours des choses va à ce rythme, il y
aura 25 soldats israéliens tués jusqu'à la fin de l'année 2008,
contre 3 seulement pour l'année passée, compare Omayr Ribabort,
analyste du même journal. Cela ne montre-t-il pas, se
demande-t-il, la montée en puissance de la résistance
palestinienne, aussi bien sur le plan des armes que sur celui de
la tactique militaire ?
La capacité de la résistance palestinienne se
rapproche, de plus en plus, de celle du Hezbollah libanais. A
Gaza, la résistance étudie la manière de travailler de l'armée
israélienne pour en tirer des leçons et pour mieux l'affronter,
résume Cohen Anayte, un autre analyste du même journal.
Par ailleurs, la presse israélienne remarque
la variation des opérations pratiquées par la résistance
palestinienne sur toute la longueur du mur de démarcation,
tellement fortifiée. Il y a, entre autres, les obus, les mines,
les pièges, les snipers, les confrontations en face à face...
La récente bataille passée à l'est d'Al-Baridj
(le champ de la mort) était trop difficile pour les soldats
israéliens. Ils avouent que les combattants du Hamas sont durs,
très durs. La mort de plusieurs soldats avait provoqué un grand
choc terrible dans les rangs de cette armée. Elle s'en est alors
prise aux civils. En quelques heures seulement, elle a tué 18
Palestiniens dont un photographe de l'agence de presse Reuters,
ainsi que plusieurs enfants.
L'attaque
Tactiquement, les résistants n'attendent pas
toujours les incursions des soldats sionistes pour les
affronter. Désormais, ils les attaquent. L'attaque a ceci
d'atout qu'elle permet aux résistants de décider du lieu et du
moment de la confrontation. L'ennemi perd la surprise. Il aura
cependant le choc qu'il mérite.
Dans la plupart de ses guerres, l'armée
israélienne profite de l'effet de surprise. Et elle essaie
toujours de mener ses combats sur les terrains de l'adversaire.
C'est pourquoi son choc était incomparable, lorsque les missiles
de la résistance libanaise tombaient dans la profondeur de son
entité, durant la guerre qu'elle avait conduite contre le Liban
en 2006. La situation actuelle est semblable. Ses casernes, ses
responsables, ses soldats, ses villes, ses colonies, tous sont
visés. Très récemment, son ministre de la sécurité intérieure
aurait été pris dans une embuscade.
Stratégie
Cette montée en puissance de la branche
militaire du Hamas aura des conséquences politiques et
stratégiques, croit l'analyste Roben Ben Yeshay, dans le journal
hébreu Yadiot Ahronot.
Tout d'abord, les décideurs du gouvernement
d'occupation pourraient se trouver obligés d'accepter les
conditions du Hamas pour une trêve.
Puis, le Hamas croit que la guerre qu'il mène
sur ses frontières mettra ces décideurs dans une hésitation
totale quant à une invasion de grande envergure à Gaza. Ils ont
désormais peur d'en subir des pertes considérables. Leur armée
subit déjà de grandes pertes dans des terrains découverts.
Comment seraient alors les choses, si la guerre se déroule dans
des rues densément peuplées ? Comment serait le moral de leurs
soldats ?
En troisième lieu, ces opérations n'entament
pas la réputation du Hamas, sur le plan international. En fait,
elles n'ont pas les mêmes effets que les opérations martyres ou
les missiles qui frappent dans la profondeur de l'entité. Ces
derniers frappent les civils, si on croit les Israéliens.
Du reste, ces opérations donnent à la
résistance palestinienne tout le soutien moral, toute la
confiance, toute l'audace dont elle a besoin pour casser
l'arrogance de l'armée d'occupation. Briser le mythe de l'armée
invincible.
L'initiative
Les branches de la résistance palestinienne
maintiennent toujours l'initiative dans leur guerre. Par contre,
l'armée sioniste la perd, en dépit de toutes les opérations
qu'elle mène, à l'image de celle de « L'hiver chaud », qui était
un véritable holocauste contre les civils.
Dans le fond et dans l'état actuel des
choses, la résistance palestinienne a mis le gouvernement
israélien dans une mauvaise posture. Il hésite à s'engager dans
une vaste opération terrestre. Il craint les pertes humaines,
constatant les opérations de qualité de la résistance. Il lui
reste alors la conclusion d'une trêve avec le Hamas. Mais la
situation actuelle ne la lui permet pas. Toute trêve serait
considérée comme une victoire pour le Hamas. Et le gouvernement
israélien ne veut pas lui donner cette joie !
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